25 avril 2008

Editorial n° 13 du site maternage : Mon voeu le plus cher pour 2005 : de nombreux pas en marche vers la non-violence...

Mon voeu le plus cher pour 2005 : de nombreux pas en marche vers la non-violence...

Nous voilà à l'aube de 2005.

Une année qui démarre marquée par le malheur effroyable qui frappe l'Asie. Cette violence là est issue de la nature et nous avons malheureusement peu de prise sur elle. Mais cela ne doit pas nous faire oublier qu'il y a une autre violence, qui fait des ravages bien plus grands encore, la violence issue des humains.

2005 est la 5ème année de la "Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde" (2001-2010) voulue par l'Unesco.

Le dernier rapport de l'Unicef, intitulé "L'enfance en péril" nous apprend que la situation des enfants ne s'est pas améliorée. Au contraire. Enfants esclaves, enfants soldats, enfants enchaînés au travail, enfants violentés, enfants malades du sida, enfants abusés, enfants prostitués, enfants abandonnés, livrés à la rue et aux mafias... Dans les pays dits pauvres -puisque l'argent est la seule valeur de référence qui nous reste, mais ces pays sont riches d'une humanité que nous égarons parfois- la guerre, la misère et leurs cortèges de conséquences font toujours des ravages.

Et dans nos pays dits riches ? Alors que l'écart s'accroit entre ceux qui ont tout et plus encore et ceux qui n'ont rien, apparaît désormais la classe des "travailleurs pauvres", qui s'ajoute à celle toujours plus grande, des exclus de notre société.

On dirait que nous ne progressons pas beaucoup dans le sens d'une culture de la non-violence et de la paix...

D'un côté on construit de fantastiques musées sur la guerre, l'apartheid, la shoah.
De l'autre on violente nos enfants. Excisions, circoncisions, inceste, coups, humiliations, soumissions, exploitations...

Non, la violence ne recule pas.
Qu'elle prenne la forme de la pédophilie désormais révélée qui montre son ampleur dans nos sociétés occidentales.
Ou qu'elle prenne celle du terrorisme aveugle, aujourd'hui vigoureux, toujours mieux équipé et entraîné, parfois par ses propres victimes...
Ou encore celle des murs qui se dressent et des guerres qui, partout sur la planète se poursuivent.
Ces évènements nous semblent loin et dissociés de nous mais leurs cortèges de douleur, de souffrances et de traumatismes sont bien réels pour d'autres...

Bien assis dans nos canapés, nous assistons à tout cela sur nos écrans de télévision sans jamais faire le lien avec notre propre violence.

Oui, j'en suis convaincue, la violence ne recule pas, parcequ'elle fait partie de la panoplie éducative dans laquelle nous puisons pour éduquer nos enfants. Ici comme ailleurs. Partout dans le monde, les enfants sont frappés par leurs parents et éducateurs, plus ou moins, plus ou moins fort et avec ou sans instrument, selon les cultures, mais partout tout de même (sauf dans quelques rares pays qui ont interdit tous les châtiments corporels). Olivier Maurel dans son livre "La fessée", qui vient d'être réédité, nous en dresse un panorama mondial très complet, que je vous conseille vivement de lire.
La violence ne recule pas parce que nous l'utilisons nous-même régulièrement, parfois tous les jours. Elle ne recule pas car nous l'enseignons à nos enfants comme nos parents nous l'ont enseignée. Mais nous n'y réfléchissons même pas...
Lisez le rapport de l'OMS qui dénonce la violence éducative comme source de la violence des adultes.

Frapper un enfant c'est employer notre force, démesurée pour l'enfant, pour le soumettre à notre volonté. Cela ne lui apprend rien de bon. Différentes études ont prouvé l'inefficacité des châtiments corporels. En revanche, cela lui apprend à avoir peur ; à perdre confiance en ses éducateurs ; à mentir, à devenir hypocrite et sournois pour échapper à la violence ; et enfin à utiliser à son tour la violence pour contraindre plus faible ou plus petit que lui-même.

Si nous continuons ainsi la violence perdurera, entre adultes et envers les enfants. La non-violence restera alors une pratique accidentelle dans l'histoire humaine, associée à quelques grands hommes du passé.

Chez nous, en France personne ne peut être frappé, sauf les enfants par leurs parents.
Dans certains pays on est plus en en avance. Là des lois existent pour protéger les enfants de la violence parentale et un soutien bien réel est apporté aux parents avec des solutions alternatives efficaces.
Je ne crois malheureusement pas à la mise en place prochaine d'une telle loi en France. La nostalgie qui anime actuellement notre société tend à nous ramener vers un conservatisme froid et sévère. Le retour aux valeurs du pensionnat, de la punition collective, des maisons de correction, va à l'encontre de ce dont les enfants ont besoin : un accompagnement sécurisant et protecteur rendu possible par un attachement de qualité à ses parents. Soutien encourageant, guide, confident, protecteur... tour à tour, selon la nécessité du moment.

La tâche est rude pour les parents qui ont reçu une toute autre éducation, avec brimades, humiliations, coups et punitions. N'ayant pu construire une saine estime de nous-même, à notre tour nous avons tendance à vouloir contraindre plus faible que nous. Nous attendons donc de nos enfants qu'ils comblent nos manques, manque d'amour, manque de reconnaissance ; et assouvissent nos pulsions, de colère, de violence, voire sexuelles.

Ouvrons les yeux et comprenons enfin qu'il nous faut commencer ici et maintenant.

Soyons nombreux à bannir la violence de nos foyers. Voilà le voeu que je formule pour cette nouvelle année. Faisons un pas en avant et marchons vers la non-violence, chacun à notre niveau.

Décidons :

de ne plus user de violence envers nos enfants, qu'elle soit physique ou psychique ;
d'accepter nos moments de rechute sans nous laisser gagner par l'idée d'abandonner ;
de chercher des solutions alternatives pour résoudre les conflits qui se présenteront inévitablement ;
de chercher à identifier et à résoudre les raisons qui sous-tendent ces conflits, qu'elles soient en nous ou en nos enfants ;
de se former à l'écoute et à la communication non-violente, pour mieux dialoguer et savoir s'exprimer sincèrement sans blesser l'autre ;
de s'initier aux techniques qui nous permettent de décharger les émotions qui nous envahissent (colère, tristesse) autrement que sur nos enfants ;
de trouver du soutien auprès d'associations de parents et de forums et autres listes de discussion sur la toile...
Pour vous aider, lisez ces solides pistes pour éduquer sans violence, trouvées sur le site de l'association "ni claque, ni fessée".
Et je finirais sur les voeux pour 2005 de V. Meyers, "maman consciente" inscrite sur lpc, la liste de discussion "Parents conscients" que je vous invite à rejoindre ici :

Parce qu'en 2005 cela va faire 4 ans,
      Que je me suis arrêtée sur lpc* en passant,
      Parce que vos écrits, vos pleurs, vos espoirs,
      Me permettent de cheminer et de croire,
      Que, nous, parents conscients, par nos victoires,
      Sur la violence, la haine et la souffrance,
      Donnerons au métier de parent tout son sens,
      Donnerons à nos enfants un cadeau inestimable,
      Celui de l'amour, du respect et du soutien sans fable,
      Puissent ces victoires être plus nombreuses et riches,
      Dans chacun de vos coeurs ou foyers où elles se nichent,
      Puisse 2005 réparer, soigner vos blessures, vos souffrances,
      Et trouver la joie, le bonheur sans errance,
      Simplement en vous arrêtant comme je l'ai fait,
      Sur cette merveilleuse communauté qu'est lpc.       

Emmanuelle Blin-Sallustro, janvier 2005

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